Parce que je ne vais pas lui envoyer...

Publié le par Eolean

Je suis retombé sur les mails qu’on s’est échangé début décembre.

 

Je ne suis plus avec Ch depuis 5 mois maintenant et si je regrette la forme, je ne regrette pas certaines des choses que je t’ai écrites.

 

Lorsque nous nous sommes séparés, j’étais tellement obnubilé pour qu’H ne souffre pas que j’ai enfoui mes rancœurs et mes sentiments en moi.

 

J’en avais vraiment gros sur le cœur. Je t’en voulais sans jamais l’avoir exprimé. Et d’une certaine façon, ça m’a empêché de passer à autre chose.

 

J’étais dans ce passé nostalgique, coincé entre les rancœurs, les regrets, et une vie qui n’était plus que l’ombre de ce qu’elle avait été et à laquelle j’étais incapable de me détacher, un peu comme si tu es sous l’eau, juste à la limite mais que tu n’arrives pas à passer au-dessus…

 

Incapable de passer à autre chose. Parce qu’incapable d’exprimer ce qui devait être exprimé. Je ne suis pas facile à vivre, même pour moi. Mais il y a une chose que j’ai compris sur mon mode de fonctionnement.

 

Je ne sais pas réagir à chaud à mes émotions, j’ai besoin de temps pour les digérer et finalement, je réagis avec un délai (tu sais un peu comme les androïds dans 2050).

 

J’avais besoin de ce débordement, de cette dispute, de cette séparation. J’en avais besoin pour continuer à avancer ou plutôt pour pouvoir, à nouveau, avancer…

 

Comme je disais, je ne suis pas parfait et loin de là. Co m’avait fait faire un pas en ce sens. Mais elle était trop « gentille », j’avais besoin de quelqu’un qui m’en mette plein la gueule pour pouvoir me séparer de toi.

 

Oui je sais, ce n’est pas très glorieux et je n’en suis pas fier. Mais il faut bien que je l’admette…

 

Ch était une personne méchante et absolument pas pour moi. Je crois que je l’ai su très vite. Mais j’ai su également qu’elle m’amènerait à ce que j’avais besoin. Elle m’en a mis plein la tronche. Et j’encaissais, je me débattais pour protéger les lambeaux de ma vie passée. Pour protéger ce qui me retenait et qui finalement m’empêcher de vivre. C’est un sentiment étrange qui continuait à me lier à toi. 

 

C’est comme rester avec quelqu’un avec qui tu sais que tu n’auras pas d’avenir, mais avec qui t’es bien. Dans ces cas là, il faut couper et c’est difficile parce que tu dois retourner dans le néant. Reconstruire ta vie en passant par un grand nombre de déboire et peut-être toucher le fond de façon à savoir qui tu es et ce que tu veux…  Et peut-être, si tu as été assez fort, redémarrer sereinement et pouvoir aller plus loin…

 

Et je n’ai pas fini… Je suis dans une sorte de néant. Un nouveau-né, avec toutes les angoisses et les possibilités que ça me laisse, et également avec toutes les erreurs que je vais commettre. Je suis parfois enthousiaste et parfois j’ai peur, je me sens seul, comme si je devais en permanence combler un vide… Le pire étant quand je ramène la tiote bien sûr. Je pense qu’il y a encore beaucoup de choses sur moi que je dois découvrir…Et pas les plus belles…

 

C’est peut-être ce que tu as fait avec moi… Tu ne m’aimais plus sans pour autant être franchement malheureuse (enfin je crois…) mais tu savais que ce n’était pas la voie qu’il te fallait. Qu’il fallait trancher quelque chose pour embrayer sur autre chose. Et tu as de fait erré un moment et connu un bon nombre de difficultés avant de retrouver ton équilibre. Aujourd’hui, tu as retrouvé amour, équilibre et sérénité.

 

Toi il t’a fallu aller voir ailleurs pour pouvoir le faire, moi il a fallu l’aide d’une femme de transition. Ça m’a pris 5 ans… Quand j’y pense je me dis que c’est pitoyable, mais j’ai vécu durant ces 5 années, connu bon nombre de choses, de gens et d’expériences, je n’ai pas perdu mon temps. Mais, toujours, il y avait le spectre de mon ancienne vie…Avec une femme que j’aimais, une fille, une famille, un foyer… Je n’arrivais pas à couper les ponts avec cette vie. Je n’arrivais pas à me détacher de ça. Il a fallu une femme jalouse et obstinée qui m’a rentré dans le crâne à coup de crise de nerf qu’on ne pouvait pas vraiment refaire sa vie si on n’avait pas complètement abandonné l’autre… Je me cachais derrière ma fille, mais ce n’était pas que ça. Et je le savais… Il fallait que j’abandonne mon ancienne vie… Et donc toi et tout ce que tu représentais à chaque fois que je te voyais, qu’on discutait, que je rentrais chez toi… 

 

Bref, j’arrête de t’ennuyer avec mes histoires. Si je te dis tout ça, c’est parce que cette dispute qu’on a eu il y a 6 mois était nécessaire pour moi. C’est un moyen détestable d’avancer, mais jusqu’à aujourd’hui, c’est le seul qui marche avec moi…

 

Je pourrai te dire que j’en suis désolé, mais ce n’est pas le cas. Je me sens mieux aujourd’hui après t’avoir dit beaucoup des choses que j’avais sur le cœur. Je sais que tu n’avais pas besoin de les entendre, mais je n’aurai pas pu te les dire sans colère et sans haine. J’aurais aimé pouvoir le faire, comme je pense tu aurais aimé pouvoir me quitter autrement ou dans d’autres conditions… Mais on fait ce qu’on peut n’est-ce pas ?

 

La colère et la haine m’ont quitté aujourd’hui je pense, et malgré tout ce qui a pu se passer, je suis content que tu sois la mère de ma fille. Ça ne pouvait pas être quelqu’un d’autre. J’ai connu un grand Amour, et j’ai eu un enfant avec la femme que j’aimais. J’étais prêt à donner ma vie pour vous deux. Je ne suis plus cette personne aujourd’hui, et je pense que plus jamais je ne m’abandonnerais de la sorte à quelqu’un. Le temps a des effets sur chacun d’entre nous. Mais peu de gens peuvent en dire autant. Comme dirait une citation que j’aime beaucoup : « ne sois pas triste parce que c’est fini, souris plutôt parce que c’est arrivé. »

 

Je suis fier de ma fille et je l’aime plus que tout. Je suis content qu’elle te ressemble. Parfois dans sa façon de me regarder quand elle est en colère, j’ai l’impression de te voir… ça me fait peur pour son adolescence, on va en chier ! :p (<= a joke, pas taper !).

 

Voilà, désolé pour la tartine, comme d’hab je suis un peu idiot, un peu trop bavard et un peu trop mélodramatique à mes heures… Mais ça aussi ça fait partie de moi. Et c’est pas à toi que je vais le cacher ;-)

 

Je suis content que nos rapports soient ce qu’ils sont devenus. Ni plus, ni moins. Je pense qu’H s’y retrouve, et au final nous aussi.

 

Bye

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