Ce trou béant avec qui je partage mon coeur
Il est omniprésent. Il fait mal. Très mal. Un trou dans le ventre. Situé juste en dessous du plexus solaire. Dans l'ombre. Dans le creux. Tapis au fond de mon être il me ronge. Chacune de ses bouchées me prend un peu plus d'intégrité, un peu plus d'estime, un peu plus de vie.
Je suis connecté à ma solitude. Une sensation remontant du fond des mes âges. Un bloc lourd et puissant prenant sa racine dans mon coeur et resserant son noeud coulant au travers de mes émotions. Prêt à sortir des parcelles de moi de chez moi, de mon corps et de mon coeur à chaque respiration.
C'est physique. Ce n'est pas une angoisse. C'est une douleur. Liée à la tristesse. Chaque respiration me paraît difficile. A chaque fois j'ai recours à un artifice. Mais ça revient sans cesse.
La solitude... Cette sensation d'être seule, pourquoi est-elle douloureuse ? Qu'est-ce que ça me rappelle pour que j'en souffre autant ? Les premiers jours, mois, et années de mon existence.
L'abîme me regarde. Mon trou, si cher, si chérie, si haït, si intime... Mon abîme. Il va falloir que je l'embrasse. Que je le regarde. Droit. Que je ne cède pas à l'appel de l'autre, de la compagnie, de bras qui m'entoure n'apportant qu'un éphémère substitut au doute qui me tue. Seul. Dans mon coeur, dans mon âme, dans mon carrosse.
La tourmente ne me quitte pas. Je tourne en boucle dans mes pensées, incapable de gérer cette émotion, ce sentiment, ce désespoir. Non, plutôt cet espoir déçu.
J'en ai vu des choses que je n'aurai pas dû voir. Je me souviens de ma solitude. Et elle remonte comme une balle du fond de mon être pour exploser dans mon visage.
Accepte là. Traverse là. Cette émotion est une chance. Cette solitude est ce que tu as ressenti quand tu avais 3 ans. Une sensation que tu n'étais ni capable d'accepter, ni capable de comprendre. A une époque où tu as besoin de tout.
Je n'ai pas peur de toi. Insalubre sentiment. Tu ne me rongeras plus. Je ne l'accepte plus. J'accepte de me sentir seul. D'être seul. J'accepte de te prendre avec moi. Je te porte, te supporte en mon sein. ça ne change pas l'homme que je suis. JE suis toujours connecté à l'Univers. Je suis toujours libre.
Tout me pousse à quitter C. parce qu'elle n'est pas là quand j'en ai besoin. Parce qu'elle ne se préoccupe pas de moi, de qui je suis, de ce que je ressens et d'où j'en suis. Parce qu'elle me manque et je suis fatiguée que les personnes que j'aime me manque.
Dimanche m'a fille m'a manqué terriblement. J'aurais voulu me consoler dans les bras de C. Ne pas être seul dans ses bras. Ou à côté d'elle. Mais je suis seul avec elle. Elle n'est pas pour moi. Je le sais, elle le sait. Ce n'est pas qu'on ait jamais été sur la même longueur d'onde, c'est juste qu'elle n'est pas faite pour moi. C'est une chaussure pour laquelle j'ai eu un coup de coeur, mais dans laquelle mon pied ne rentre pas. L'analogie n'est pas flatteuse mais elle est parlante.
A chaque fois, j'en viens là. On s'est refait quelques jolis souvenirs en 6 mois. Mais c'est le moment de terminer ce que j'ai commencé. Si je suis assez grand pour commencer les choses, je le suis également pour en finir avec elles.
Alors comment faire en gardant le respect de moi-même et mon intégrité. Elle saura pourquoi je m'arrête. Elle ne cherchera pas à en parler parce qu'elle saura. Je n'aurai rien à faire si ce n'est de ne plus l'embrasser.
En tout cas, cette fois je ne peux rien lui reprocher. Elle a été honnête dès le début. C'est moi qui ait voulu y aller. Et ça m'a apporté beaucoup de plaisir. Jusqu'à ce que j'ai des sentiments de retour. A partir de là, c'est devenu trop compliqué à gérer pour moi. Et dans ce cas là, je n'ai plus qu'à arrêter simplement. Gentiment. Doucement.
J'ignore si on restera amis. Ni s'il restera quoique ce soit. Une partie de moi à envie de dire que je n'aimerai plus jamais la revoir. Une partie de moi n'a pas envie qu'elle quitte ma vie. Et enfin, une partie de moi pense qu'on se retrouvera dans quelques années ou dans une autre vie.
Bref. It's over.