sentence

Publié le par Eolean

Assez, j'ai l'impression d'être à bout. Un point situé entre l'exaspération généralisée et l'envie de rien. L'impression d'être plein. De ne plus pouvoir rentrer quoi que ce soit dans ce petit bout de cervelle qui me sert de crâne. J'ai l'impression que je vais exploser. Je sens derrière mes coudes et mes genoux une envie constante de s'étirer, un besoin nerveux d'expansion. Je dois être à l'étroit. Je suis surchargé par la charge de la perfection. Pas la mienne, celle qui me tombe dessus, celle que je supporte, que je subit, qu'on me demande, que je m'impose, la perfection qu'on attend de moi, rampante, collante, de cette espèce qui ne vous lâche jamais. Surchargé par les besoins impérieux de mon entourage. Cette sensation de devoir être parfait ne me quitte pas et rempli mon espace vitale. Je me sens à l'étroit. Je voudrais crier un grand coup de stop, partir et retrouver ce minimum d'insouciance, de légèreté, et de liberté sans lequel je perd le sens du goût. L'apathie guette. Cette sensation de vase plein, attendant la goutte, cette goutte fatidique qui pourra me permettre d'exploser et me vider, déverser ma bile, mes aigreurs, mes faiblesses et mes rancoeurs. J'aimerai être une bombe et exploser. J'aimerai avoir envie à nouveau, pleurer sans attendre d'être seul, ne pas chercher à plaire ni aux autres, ni à moi-même. Je suis mon propre dictateur. Je suis la roue du supplice sur laquelle mon âme se débat, je suis les chaînes à la traîne qui peine et freine à chaque souffle les battements de mon coeur. Je n'arrive plus à respirer...

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