débat : Le moment de la vie et l'avortement.

Publié le par Eolean

Préambule : Je sais que ce sujet est extrêmement sensible pour toutes les femmes. Et mon but n'est pas de remettre en cause le droit à l'avortement. Je suis en effet pour celui-ci. Donc, ne vous trompez pas de débat.

 

Il y a pas longtemps, un état des USA a rejeté le droit à l'avortement. Excepté si la vie de la femme est en danger. C'est une décision qui m'a choqué (qui plus est inapliquable car la Cour Suprême l'a officiellement reconnu). Mais c'est également une décision qui m'a amené à me poser une question :

Pourquoi, les pays qui authorisent l'avortement, l'interdisent après un certains délai (3 mois en France si mes souvenirs sont bons) ?

La question qui se cache sous celle-ci, c'est : pourquoi cette limite ? Est-ce le délais nécessaire pour qu'un foetus soit considéré comme une personne légale ?

Dans ce cas, qu'est-ce qui, un jour, a permis d'établir cette limite ?

Je suppose que celà correspond à l'établissement chez le foetus du système nerveux, et donc, de la conscience. Mais tout cela n'est-il pas extrêmement philosophique ?

Je ne sais plus dans quel pays, je crois que c'est la chine, où la vie d'un être humain commence à la conception et non à la naissance. Où plutôt la "naissance" commence à la conception et non à l'accouchement.

Est-ce que le fait que l'on ait conscience de soi fait de notre vie un bien plus précieux que si l'on en a pas conscience ?

Pourquoi ne tiendrait-on pas compte de l'âme d'un être humain, eventuellement présente dès la conception ? Trop philosophique comme notion ? Plus que la conscience de soi ? Beaucoup de questions...

Attention, encore une fois je ne remet pas en cause le droit à l'avortement. Mais plutôt son application qui pose quand même un certains nombre de questions.

Je trouve en effet, que c'est une question sur laquelle la philosphie de notre société est au plus proche de la loi.

Un beau jour, la société française a authorisé l'avortement. Soit. Mais pourquoi, les députés ont-ils décidé de l'authoriser jusqu'au 3 ème mois de grossesse ?

Quid d'un avortement au 8ème mois ? Non ? Trop dur ? Trop inhumain ? Au 8ème mois, ce n'est plus un foetus ? C'est un être humain ? Soit.

Alors qu'est-ce qui fait qu'on passe du foetus au bébé ? Est-ce simplement une connexion neurologique ? Pourquoi ne pas décider ça au moment où le sexe du foetus apparait ? ça n'a pas de sens ? ça a moins de sens que 2 cellules qui se rejoignent ?........Un peu comme les 2 premières.....Moins de sens que l'union de l'ovule et du spermatozoïde ?

Celà dit, si on réfléchit bien, nous ne sommes tous que des tas de cellules. Quel est donc ce caractère si sacré qu'on apporte à "la vie" ?

L'âme ? Nous ne sommes pas des simples tas de matières brut, parce que nous avons une âme ?

La conscience de soi ? C'est ce qui nous différencie d'une chaise, d'un téléphone ou d'une fourchette ?

Il est intéressant de voir qu'un humain en devenir à moins de droit qu'un humain qui est. Qu'on ait le droit d'avorter d'un foetus de 2 mois mais qu'on ne puisse plus le faire 2 mois plus tard...

Certes, quand la loi est sorti, il a bien fallu déterminer ce moment. Et pour rien au monde, je n'aurai voulu être un député ce jour là. Parce qu'en ce jour, ce n'est pas la philosphie de notre société qui a dicté sa loi, mais la loi qui a dicté la philosophie que nous devions suivre. Et je trouve que ça a quelque chose de dérangeant.

Certains me diront alors, mais pourquoi es-tu pour l'avortement dans ce cas ? ça, ce n'est pas le débat et ça me regarde. Mais, une chose est certaine, derrière cette loi se cache une émotion énorme, quantité de larmes, de crise de nerf, de regret, de soulagement, etc... Quoiqu'il advienne, la décision ne sera jamais facile à prendre et à assumer. Pour personne.

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L
Eolan,je vais te prendre un autre exemple pour cette histoire de limites, qui peut paraître totalement sans rapport au premier abord.Le législateur a fixé des limites dans le revenu familial pour percevoir des allocations, des aides, etc. Ce qui fait que si tu es juste au-delà de la limite, tu trouves ça injuste pour un euro de dépassement.Pour moi, la problématique de la limite, et j'insiste c'est bien de la limite dont je parle, est là. Il faut bien la fixer à un moment, et s'appuyer sur des paramètres connus. Pour l'avortement, ce sont des paramètres médicaux qui rentrent en jeu. Et comme le rappelle très justement Arfie, la vie de la mère a été l'un des paramètres fondamentaux. Pour les aides, ce sont des paramètres économiques. Pour les dioxines, ce sont des paramètres scientifiques. Le principe des paramètres est en théorie qu'ils peuvent être réactualisés en fonction de l'avancement des connaissances. En pratique, ils ne sont changés que dans certains cas. A ma connaissance, mais elle est mineure sur ce sujet, personne n'a évoqué la possibilité de rallonger le délai autorisé, en revanche il y a eu de nombreuses tentatives pour le raccourcir, sur des motifs religieux. Et comme le droit à l'avortement est considéré comme un avancement notoire, personne n'ose parler en public de ce que tu évoques sur le blog sous peine d'être taxé de réactionnaire.En revanche, je ne suis pas d'accord avec Arfie: beaucoup d'IVG ne sont pas médicales, car aujourd'hui encore, pas mal de jeunes filles ne prennent aucun moyen de contraception et utilisent l'IVG comme moyen de contraception.2006 est la 50e année du planning familial (le 8 mars 1956 sont déposés les statuts de la Maternité heureuse, l'ancêtre du mouvement pour le planning familial). A mon avis, Eolan, tu devrais pouvoir y trouver, ainsi qu'en librairie, des réponses à tes questions sur la notion d'âme et de limites autorisées. Il suffit de chercher. Si tu as la réponse, ça m'intéresse beaucoup.
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E
Ce n'est pas la problèmatique de la limite en tant que telle que  je remets en question Loulou, c'est le positionnement de celle-ci. Au niveau de l'enfant. <br /> Tu me dis que l'une des raisons est la santé de la mère. Ok, alors résonnons par l'absurde, je pense que ça exprimera mieux mon propos. Imagine que l'avortement puisse être réalisé à n'importe quel mois de grossesse sans aucun danger pour la femme. Comment tu considérerais un avortement au 8ème mois ? Où 3 jours avant d'accoucher  ? <br /> Le bébé devient-il une personne légale à la seconde de sa venue au monde ? Pourtant il n'est pas très différent 3 jours avant. <br /> Est-ce que tu vois où je veux en venir ? <br /> Une limite est fixée pour la santé de la mère, mais nous savons qu'un avortement peut être réalisé à n'importe quel mois. A mon avis, cette limite est là pour permettre une aide médicalisé à l'avortement sans risque pour la mère. Après 3 mois, il y a un risque pour avorter """simplement""". Et cela demande une intervention médicale. Raison pour laquelle l'avortement est possible plus tard dans d'autres pays (moyennant finance). <br />  <br /> De ce fait, je pense pour ma part que la limite donné n'est pas rapport à la sécurité de la mère, mais en rapport au moment où le foetus est considéré comme un être humain. Et ce qui m'intéresse, c'est la psychologie et la philosophie qui ont amené les hommes politiques à choisir 3 mois pour considérer cela...
A
je dirai juste que concernant l'ame dont tu parles l'etat est un etat laique et de se fait ne reconnait pas l'existence de l'ame.<br /> aprés à l'epoque la loie sur l'avortement avait été conçue pour éviter de detruire des vies en particulié celles de ses femmes qui avant la loi passaient par des moyens trop dangeureux pour avorter en y laissant assez souvent la vie ou encore la possibilité d'avoir d'autres enfants.<br /> le probleme de la loi americaine c'est que le principe de cette loi est plus religieux qu'autre chose. les concervateurs ultra catholique et anti avortement vont se servir du nouvel avantage qu'ils ont à la cour supreme pour essayer de faire à nouveau interdire l'avortement sur l'ensemble du territoire. ce qui celon moi serai une catastrophe pour ce pays. oui oui je susi pour l'avortement et j'ai pas peur de le dire <br /> aprés concernant la durée légal pendant laquelle un avortement est possible en effet je crois qu'il fallait fixer une limite, tout comme il y a une limite pour la vitesse sur la route ou encore une limite du taux de dioxine dans certain produit. ok c traité l'humain comme tout autre chose mais il faut bien fixer des limites sinon il y aurait des abus.<br /> pour finir j'avoue au risque de passer pour un sans coeur tout ça, que ça ne me pose aucun probleme de conscience, d'autant plus qu'aujourd'hui la société a evolué et que en france la majorité des ivg sont pratiqué pour des raisons medicales.<br />  
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E
<br /> En ce qui concerne l'âme, je pense que c'est une notion plus philosophique que religieuse. Tu peux croire que l'Homme a une âme sans croire à une quelconque divinité. Celà dit, ta remarque est judicieuse et du fait de la laïcité, on ne peut certainement pas prendre de loi en se basant sur un concept métaphysique.<br /> Ensuite, bien que tes arguments soient intéressant, je ne pose pas le débat sur l'avortement, mais unique sur cette "Limite". Tu dis qu'il fallait en fixer une, mais pourquoi ? Au nom de quoi ? Où la fixait ? Sur quels critères ? Des abus ? Dans quel sens ? C'est là qu'on touche à la philosophie selon moi. <br /> Fixer une limite sur une dioxine ou sur une vitesse de la route, c'est différent. On a des connaissances scientifiques, des relevés, des études, et tout le saint-bataclan pour nous guider d'une manière exacte dans nos choix. Mais une limite à l'avortement ne s'appuie pas sur des données exactes. Je ne parle pas ici du risque pour la santé de la mère (on a vu pllus haut que des pays pratiquaient l'avortement bien plus tard), mais plutôt de la limite à partir de laquelle un foetus est considéré comme un être humain, et surtout, quels sont les arguments qui ont fixés cette limite.<br />
L
"Parce qu'en ce jour, ce n'est pas la philosphie de notre société qui a dicté sa loi, mais la loi qui a dicté la philosophie que nous devions suivre."Tu as tout à fait raison sur ce point, mais il faut bien fixer une limite. En général, elle est basée sur des données médicales, avec la notion de mise en danger de la vie de la mère au-delà d'un certain délai. Mais cet argument est contestable aussi. Toi qui vis dans le Nord, tu peux observer qu'en Belgique (me semble-t-il) et aux Pays-Bas (à coup sur), le délai est plus long. Alors où est la limite? D'autant que les avortements dits "thérapeutiques" se font jusqu'au 5e mois ou quelque chose comme ça (Koztoujours... tu m'intéresses a fait un billet très intéressant à ce sujet). Ceci remet sérieusement en question cette notion de limite.C'est toute la question des limites. Dans un autre contexte: à partir de quel seuil décide-t-on que telle molécule est dangereuse pour l'organisme? C'est toujours le même problème.Sauf qu'ici, il s'agit d'un foetus. Et même si comme toi je ne remets pas en cause le droit à l'avortement -je suis une pro-choice convaincue-, cette question de la conscience m'interpelle aussi.Mais ce que j'observe, c'est que chaque société a mis en place, par la législation ou par la religion, ses propres réponses.
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E
<br /> Bienvenue sur ces pages "grande Loulou" :) Tu mets le doigt sur mes interrogations. Quid de cette limite ? Pourquoi ? Comment ? Je regrette de ne pas avoir été présent au moment où cette loi est passé. Il y a du y avoir de profondes réflexions philosophiques dans toutes les classes à ce sujet. ça devait être passionnant. <br /> C'est intéressant ta remarque sur le fait que chaque société a mis en place "sa" législation en la matière. Parce qu'elles sont toutes différentes ! On est donc sur un sujet sans véritable véritée établie. A partir de quoi, Notre Société a fait son choix ? Relevé scientifique ? ok. Mais par rapport à l'enfant ou à la mère ? <br /> Pourquoi le foetus n'acquière une identité légale qu'au 3 ème mois ? RAAAAAAHHHHHHHHHHHHH Trop de questions ^^<br />
J
Pour ou contre, là n'est pas le débat. Mais pour avoir eu une blouse blanche avant la loi... je peux dire que j'ai constaté des massacres qui ne faisaient pas qu'une seule victime.<br /> Et puis, j'ai écrit un jour... que je ne comprenais pas que l'on dise "elle vient d'être maman d'un petit garçon... ou fille... ou les deux...". On est "maman" et "papa" lors de la conception... et peut-être même avant. Quand l'on projette de fonder une famille...
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E
<br /> Entièrement d'accord. En tout point. Mais si on est papa et mamman au moment de fonder une famille, à partir de quand l'enfant cesse d'être "juste" un foetus pour réellement devenir l'enfant ?<br />