De si petites choses...
Le fait de ne plus être un écorché fait-il de moi quelqu'un de moins sensible au monde qui m'entoure ?
Ce soir, rentrant de paris, je vois sur mon flanc gauche un coucher de soleil. Je me dis dans mon for intérieur en moi-même : C'est magnifique.
MAIS !
Je me suis rendu compte qu'avant, devant tel spectacle, l'émotion me venait, je ne me disais pas seulement c'est magnifique, je le ressentais ! J'étais capable de mettre tout ça après en mot, en phamplet ou autres poêmes si le besoin était là.
Aujourd'hui, j'ai l'impression de voir sans regarder. Apprécier sans aimer. Il y a quantité de choses qui devraient m'émouvoir et qui n'arrivent plus à m'atteindre. A me faire sourire ou pleurer.
Est-ce parce qu'après un certains nombre d'épreuves, on essaye de se blinder, d'être moins sensible ? Non... Je ne crois pas...
Est-ce parce qu'après avoir vécu ces sensations, on en devient moins sensible, un peu comme une addiction ? Non plus...
Ais-je perdu un peu de l'enfant qui était en moi ? Peut-être...
Je le regrette. Je voudrai tant pouvoir à nouveau m'émerveiller d'un magnifique coucher de soleil, plutôt que me dire sur un ton monocorde et d'une platitude absolu, "c'est magnifique".
Faut-il que j'accepte de donner mon coeur en pature au monde et d'être écorchés à nouveaux comme je le fus dans le passé ? OUI. Clairement.
A mes yeux, il n'y a rien de mesquin. Aucune tâche, aucun état qui ne comporte une once de noblesse.
Mais je sens bien qu'au fil des ans, mes yeux ne s'émerveillent plus, ou moins, à de choses simples et si essentielles...
Rien n'est pire qu'être blasé.
Je dois retrouver le plaisir et le goût des choses simples. Me mettre face à ce soleil couchant jusqu'à ce que son éclat passe au delà de mes yeux et face autre chose que de simplement les éblouïr...
"Le poête est un homme qui aime".