EOLEAN
1 Ame(s) chez moi.
Et voilà, ça devait arriver.
Je vais bientôt être officiellement divorcé.
Un petit bout de papier en guise de point final administratif.
Peut-être me direz-vous que ce n'est pas trop tôt. Peut-être considérerez-vous que ce n'est qu'une formalité.
J'imagine que quand un divorce se passe mal on est content le jour J devant le tribunal.
Mais ce n'est pas mon cas.
Je sais qu'entre la mère de ma fille et moi il n'y a rien de suspect, on est heureux comme on est, on s'entend comme larrons en foire, on peut (presque) tout se dire, on passe du temps ensemble avec notre fille, on passe du temps in game, on s'appelle régulièrement, on s'arrange toujours pour faire le mieux possible pour notre fille.
Peut-être que cette séparation est la meilleure chose qui nous soit arrivée. Elle est venue juste à temps. Au bon moment pour que nous nous séparions avec le respect, et la conviction que l'autre est resté l'être merveilleux que nos souvenirs aiment à nous le rappeler de temps à autre.
Aujourd'hui nous sommes libre, physiquement et sentimentalement. Mais nous sommes et seront toujours liés non seulement par notre fille, notre passé, notre histoire, nos coups de gueules et nos coups de coeurs, nos rires, fourires et nos larmes, nos crises, notre magie.
Voilà une histoire unique, une histoire comme peu en vive. Une histoire où chaque jour a été vécu comme une vie, avec espoir et désespoir. Une histoire qui n'a jamais basculé sur le politiquement correct, qui n'a jamais laissé sa place à l'ordre établi, qui a fait fi de toutes les considérations et de tous les avis que toutes et tous ont pu éprouver et livrer à un moment de leurs existences...
Oui, c'était ce genre d'histoire. Le coeur a l'arraché, l'a arraché.
Alors oui, même si demain l'état tout entier voudra y mettre son point final, il n'aura pas raison de ce qu'on est devenu et de ce que l'on vit.
Parce qu'hier et aujourd'hui, on est l'un pour l'autre ce que nous sommes l'un à l'autre et si nos chemins ont pris un autre sens, pour nous et pour notre fille, le "nous" aura toujours un sens...
J'ai passé un week-end entier avec ma fille, elle est partie ce soir, depuis 3 heures déjà et j'ai des putains de larmes dans les yeux...Sur le coeur...
Pourtant il a pas été de tout repos ce week-end... On a passé beaucoup de temps ensemble, on a joué, on s'est fait des câlins, je l'ai disputé, la nuit a été durdur, mais...
Putain il y a des fois ou c'est plus dur que d'autres...
Je sais bien qu'on fait tout pour le mieux et ça ne peut pas aller mieux entre sa mère et moi, pour un papa divorcé, je pense que je vois encore ma fille très souvent...Et je remercie sa maman pour ça...
Mais y a des fois où c'est plus dur... La plupart du temps j'arrive à gérer mais ce soir j'y arrive pas...Elle me manque...Terriblement...
Je ne sais même pas pourquoi, je l'aime tellement cette gamine...J'y peux rien ça coule tout seule...ça va passer...J'ai pas beaucoup dormi ces derniers temps ça doit être pour ça...
Je suis plus fragile quand je dors pas, plus sensible, moins patient, je suis moins fort dans ma tête ou mon coeur...
Vous savez, il y a des pères qui n'en ont rien à foutre. Il y en a qui se contente de voir leur enfant en faisant leur office ou leur bonne action. Je les plains...
Moi j'ai le coeur qui se déchire à chaque dimanche soir. Parfois ça passe vite, parfois j'ai le sourire, parfois y a les potes qui sont là, mais y a des fois où ça passe pas. Et on ne peut absolument rien y faire...
On a eu beaucoup de complicité ce week-end... A l'instant où elle n'est plus dans la pièce mon appartement est vide, je n'y suis même plus, juste un fantôme qui regarde une merde à la télé pour s'éloigner de sa sollitude...
Elle me manque... Demain ça ira mieux...
Merde alors, j'en viens à attendre avec impatience ce putain de lundi matin...
Je me suis posé la question de ma dureté. Pourquoi est-ce que je suis intransigeant ou inflexible ?
Est-ce mon caractère ? Mon expérience ? Mes sentiments ? Mon absence de sentiments ?
Ca fait du bien de se remettre en question parfois...
Fut-un temps, je le faisais souvent, très souvent, peut-être même trop.
Aujourd'hui, après réflexions, je me dis que je ne suis pas intransigeant. Je ne suis pas inflexible. Je pense même que je suis quelqu'un de concilliant...
Mais par le passé j'ai pêché par trop de concilliance.
Oui, j'ai plié. Un nombre incalculable de fois. A chaque fois j'ai ravalé orgueil, fierté et avis personnel dans l'intêret du bien commun. Que ce soit avec mes amis ou avec ma femme, mon objectif a toujours été que ça aille, que ça roule, qu'il n'y ait pas de bosses, que tout le monde soit heureux, content, etc...
Plus tard, je me suis rendu compte qu'il y avait beaucoup de moi qui avait disparu dans la bataille.
Je ne veux plus plier comme j'ai plié. Je ne veux plus dire oui quand j'ai envie de dire non. Je ne veux plus dire que ce n'est pas grave quand ça m'agace. Je ne veux plus parler quand il faut que je me taise, et me taire quand il faut parler...
J'ai cru un temps que si je ne pliais pas, c'était parce que je n'aimais pas. Mais c'est faux.
Si je suis encore capable de plier, de faire des sacrifices et de ravaler mon orgueil pour le bien de ma fille, je ne le ferai plus que pour elle.
Pour le reste, j'ai bien l'intention de continuer sur la nouvelle voie qui est mienne. Je sais ce que je veux et je sais ce que je ne veux pas. Je dirais merde à chaque fois que j'en aurais envie. Je dirai toujours quand ça ne me plait pas. Je dirai toujours ce que je pense...
Je suis libre. Je vole de mes propres ailes. Je suis mon propre pilier. Je n'ai besoin de personne pour vivre excepté ma fille. Je n'aurai plus jamais à baisser la tête, à courber l'échine, à faire le dos rond, à me mettre à genoux pour qui que soit autre que ma fille.
C'est sans concessions, sans compromis, c'est comme ça, c'est moi.
Je n'oblige personne à me supporter. Et si je ne dois plus jamais trouver une femme qui accepte ça alors ce sera sans femme...
Non, ce n'est pas moi. Je n'ai pas de problème.
J'ai juste décidé d'être moi même. Libre de mes choix et de mes droits. Je ne me cache pas.
Et pour toutes celles qui me parlent de conpromis, moi je leur dis libertée.
Pour toutes celles qui me parlent de concessions, je leur dis libertée.
Pour toutes celles qui me prédisent la solitude, je leur dis libertée.
Et je leur dis merde aussi...
Encore une fois j'y ai cru...
Je croyais à la magie, je l'avais vu, presque sentie. J'en avais envie, j'étais parti plein d'espoir...
Mais je vais vraiment finir par croire que j'ai un problème. Il y a peut-être quelque chose dans ma tête qui ne tourne pas ou plus rond.
Comment peut-on être plein d'entrain le dimanche et se perdre en route le jeudi suivant ? Comment peut-on devenir subitement insensible à ce qui avait fait battre notre coeur l'espace d'une nuit ?
Vous l'aurez compris, j'ai mis fin à cette histoire hier. De plus, j'ai été minable...
Je ne laisse peut-être pas le temps au temps. Mais je n'y peux rien. C'est comme ça. A partir de la minute où je sais que je ne serai pas/plus amoureux, je ne peux pas continuer l'histoire plus avant...
Oui, je sais que ce n'est pas moi la victime, je sais que je fais des coeurs malheureux autour de moi. Et je me sens assez coupable comme ça pour qu'on me rajoute des briques sur le dos...
Comment voulez-vous que je sache qu'une histoire ne va pas marcher si je n'essaye pas ? Croyez-vous qu'il serait plus juste d'attendre un mois pour dire qu'on s'en va au risque de laisser à l'autre le temps de s'attacher ? Croyez ce que vous voulez je m'en fous.
Je ne suis pas insensible et ça me brise le coeur à chaque fois, le fait de faire du mal aux autres, le fait d'y croire très fort et de tomber de haut, le fait de me sentir minable ou de sentir que j'ai un problème...
Mais aujourd'hui encore, je sais que j'ai eu raison. Parce que je fais moins de mal en arrêtant les frais tout de suite. Parce que c'est normal quand on est célibataire de chercher à ne plus l'être. Parce qu'en agissant de la sorte je suis plus honnête qu'en mentant ou en faisant croire des choses. Parce que la quête d'une étincelle qui ne s'éteint pas peut me prendre un jour ou toute une vie alors il n'y a pas à attendre pour commencer à ouvrir son coeur...
Un chti mot ?